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27.02.2008
Mal de pierres
" Grand-mère connut le Rescapé à l'automne 1950.C'était la première fois qu'elle quittait Cagliari pour aller sur le continent . Elle approchait des quarante ans sans enfants , car son mali de is perdas , le mal de pierres , avait interrompu toutes ses grossesses .On l'avait donc envoyée en cure thermale , dans son manteau droit et ses bottines à lacets , munie de la valise avec laquelle son mari , fuyant les bombardements , était arrivé dans leur village ."
Mal de pierres
de Milena Agus
La critique [evene]

par Cécile Quéniart
Pour son deuxième roman - le premier traduit en français -, Milena Agus livre un véritable petit (par le nombre de pages) bijou, doré à l'or fin. Cette auteur italienne qui aime dire de sa famille qu'ils sont "sardes depuis le paléolithique", vit, travaille et écrit en Sardaigne. C'est également là qu'elle situe son drôle de roman, 'Mal de pierres', au titre aussi énigmatique que son héroïne. Celle-ci souffre de calculs rénaux, mais c'est l'arbre qui cache la forêt. A presque trente ans, elle n'est toujours pas mariée, autant dire une presque vieille fille en ce début des années quarante. Pourtant, un prétendant un peu plus motivé que les autres finira par l'épouser, mais sans amour, ni d'un côté ni de l'autre. Et puis on comprend petit à petit, au détour d'un mot plus explicite que les autres, qu'elle est un peu "dérangée", à côté de la plaque, fantasque. Loin de faire d'elle une marginale, ce mal la rend attachante, bouleversante de sensualité et de justesse retenue, car celle qui voit dans l'amour "la chose la plus importante" finit par le trouver, et c'est cette histoire qu'elle écrit dans un petit cahier noir à tranche rouge, retrouvé par sa petite-fille, narratrice de toute cette saga familiale.
Avec une liberté de ton et une écriture délicieusement irrévérencieuse, Milena Agus dresse un portrait de femme sensible, sans cesse tiraillée entre la raideur d'une société conventionnelle et la légèreté avec laquelle elle semble avoir réenchanté sa propre vie. Jusqu'à la dernière page, Milena Agus entretient le mystère de cette femme à travers un récit à deux voix - celle de l'héroïne et celle de sa petite-fille -, mais "que pouvons-nous savoir, vraiment, même des personnes les plus proches" ?
Et avec mes mots à moi ?
Je n'ai jamais aimé rendre copie sur un texte , un poème , un livre , un film . Pourtant je suis indéniablement une "littéraire" . Au sens ou ( avec accent mais je n'ai jamais trouvé l'astuce sur le clavier ) mon plaisir , ma douleur , ma perception du monde , passent par les mots , exigent d'être mis en mots .
J'ai aimé follement ce livre , cette femme "toujours en décalage , toujours à contretemps, toujours à côté de sa propre vie " . Ce "mal de pierres" , c' une jolie métaphore vivante , la folle tristesse de cette femme qui se manifeste physiquement par des calculs rénaux , ce mal d'être qui se manifeste par ce mal au corps ... je connais bien , je suis une migraineuse de la vie .
11:45 Publié dans moi aimer lire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : milena agus





















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